Création et vie de l'assortiment

Partir à la découverte d’un savoir, d’une information, vouloir suivre sa curiosité : c’est un peu comme partir en voyage dans un pays qu’on n’a jamais visité. On part sur l’impulsion d’une nécessité ou d’un désir, de la simple perspective du plaisir de savoir à la volonté consciente de trouver des outils pour mieux interagir avec le monde. On part avec une idée générale du pays forcément relative, un a priori plus ou moins construit que l’on attendra de pouvoir confronter à la réalité du terrain. On part, en fait, sur des incertitudes.,
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que, pour partir en voyage, il faut une destination, un moyen de transport, une carte pour s’y rendre et s’y repérer, et un bagage pour emporter quelques effets personnels.
 
Le texte qui suit et le schéma qui l'illustre exposent comment nous comptons procéder pour structurer l’assortiment, identifier et sélectionner les ressources que nous proposerons, entretenir et développer la pertinence de notre offre. J'ai essayé d'être complet mais concis. N'hésitez pas à faire vos commentaires en bas de page !
 
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1.    Destination : structure de l’assortiment
Puisqu’il s’agit ici de voyager dans la connaissance pour en ramener un assortiment cohérent, notre point de départ est la structure élémentaire de cet assortiment : les catégories et domaines.
 
Nous voulions que notre assortiment soit centré autour de l’individu. C’est pourquoi nous avons traduit son environnement sous la forme de 4 interactions : son rapport à la Nature, à la Société, aux autres et à lui-même.
Au sein de ces quatre catégories, se retrouvent des domaines d'organisation du savoir de deux types. Les uns, appartenant au champ lexical des Sciences Humaines (histoire, géographie, sociologie, économie…) ont été choisis parce que leur périmètre est clairement défini et qu’ils sont relativement bien compris par le grand public : ils « parlent à tout le monde ».Les autres, moins « académiques » (santé, relations humaines, médias...), ont été choisis parce qu’ils répondent directement à des préoccupations actuelles du public, ou parce qu’ils permettent, en étant généraux mais explicites (sciences de la Terre, sciences du vivant), de ranger de larges pans de savoir qui devraient, selon nos estimations, susciter moins de demande que les autres.
Ces domaines ont été associés avec l'objectif de constituer un assortiment à la fois en adéquation avec les préoccupations actuelles de notre public et potentiellement exhaustif, c'est-à-dire structuré mais suffisamment ouvert pour pouvoir accueillir n'importe quel domaine de questionnement, et donc de savoir.
Ce choix est bien évidemment arbitraire mais il n'empêche pas d'aborder toutes les thématiques et sera peut-être amené à évoluer dans le temps en fonction de la réponse et des attentes du public.
 
Rapport à Soi : psychologie, philosophie, spiritualité, santé
Rapport à la Nature : écologie, sciences du vivant, sciences de la Terre, géographie
Rapport à la Société : histoire, géopolitique, politique, économie
Rapport aux Autres : médias, sociologie, ethnologie, relations humaines
 
Notre destination, ce sont ces 16 catégories.
 
2.    Moyens de transport : sources d'information
Avant de partir, il est utile de connaître les moyens de transport que nous pourrons emprunter ; nous n’allons pas faire tout le voyage à pieds ! En l’occurrence toutes les sources de connaissance et supports de savoir existants et disponibles. Dans certains cas, il sera indispensable d’avoir recours à l’un de ces moyens de transport pour explorer les savoirs qui ne nous seront pas immédiatement accessibles. Dans tous les cas, ils seront utiles pour raccourcir les distances et nous permettre de couvrir un territoire le plus large possible en un temps raisonnable.
Parmi ces moyens de transport, ceux dont nous disposons déjà :
  • Les dictionnaires et encyclopédies, généralistes et spécialisées
  • Les offres concurrentes (dans la rubrique psychologie, les catalogues de la FNAC ou d’Amazon sont beaucoup plus larges que l’assortiment potentiel de notre librairie, plus de 58 000 pour Amazon contre quelques centaines pour à l’air libre)
  • Les médias, généralistes et spécialisés
  • Le multimédia et Internet
  • Les associations et organisations non-gouvernementales
  • Les Institutions
Nous avons une relativement bonne connaissance de la façon d’utiliser ces moyens de transport. Au fur et à mesure que nous les empruntons, nous améliorons notre façon de les exploiter, nous identifions lesquels sont les plus performants, la meilleure façon de les combiner et découvrons les raccourcis utiles.
 
Ceux dont nous disposerons par la suite, une fois l’entreprise créée et les abonnements correspondants souscrits :
Sources d’information sur la production
  • Bases de données professionnelles (Electre, Dilicom)
  • Dispositifs de communication des éditeurs (catalogues, visites des représentants, emails d’information …)
Sources d’information sur la consommation
  • Les statistiques de vente de la profession
  • Les statistiques de gestion sur notre activité
 
3.    Bagage : le nôtre, en l'occurence
Pour bien voyager, il n’est pas nécessaire que le bagage soit le plus grand possible et contienne un maximum de choses car seules certaines s’avèreront véritablement utiles : une collection de guides sur les pays à visiter et un bon manuel de survie en milieu parfois difficile ; de quoi filmer ou photographier plutôt que de s’en remettre à sa seule mémoire pour conserver l’image d’un endroit visité, d’un moment ; de l’espace libre pour tout ce que les voyages recèlent d’intéressant à emporter.
A l’inverse, un bagage trop léger implique que l’on  doive parfois se débrouiller sans l’outil adapté, que l’on n’a pas pu emporter. Le meilleur bagage est celui qui contient ce qui est nécessaire pour le voyage à entreprendre et ce qui, dans la mesure du permettra de faire face aux éventuels imprévus qui peuvent se présenter.
 
Nous ne prétendons pas à ce « meilleur des bagages ». Nos parcours passés nous ont néanmoins conduits à découvrir des outils indispensables à qui souhaite orienter autrui dans le vaste monde des supports du savoir et, par conséquent, dans celui plus vaste des savoirs eux-mêmes.
Sur le fond, nos études nous ont initiés à l’ensemble des champs de savoir faisant l’objet d’une démarche scientifique : Sciences Humaines, Sciences Naturelles, Sciences Physiques… Pas de quoi faire de nous de spécialistes, bien évidemment, mais suffisamment pour pouvoir, parallèlement, développer une approche holistique d’un savoir (et de ce savoir parmi les autres) et en pénétrer, plus ou moins facilement, le détail.
Sur la forme, ce sont tant des outils de la raison – analyse, synthèse, transversalité… que des principes d’efficacité qui encadrent son action, et donnent de la créativité à l’esprit : de l’approche heuristique à l’ouverture aux idées différentes, l’esprit critique, l’imagination…
 
Bien sûr, posséder un outil ne signifie pas forcément s’en servir, et, a fortiori, bien s’en servir.
C’est là que les principes fondateurs de à l’air libre, de partage de ressources - donc de nécessaire réalisation d’un consensus, et d’échange - donc de confrontation des idées et des opinions, jouent tout leur rôle de catalyseur : notre objectivité, par exemple, dans le choix d’une référence est accrue par le fait qu’il ne s’agit pas d’un choix personnel mais d’un choix fait en fonction de facteurs extérieurs : cohérence structurelle de l’assortiment, attentes supposées et réactions avérées du public, sanction économique du marché.
 
Au bout du compte, quoi qu’il en soit, vous-mêmes serez juges de notre qualité potentielle et future de libraires. Pour vous permettre de vous faire une opinion plus précise, nous vous invitons à consulter nos CV, à échanger avec nous par le biais qui vous plaira...
 
4.    Boussoles et Cartes : cartographie des savoirs
Pour nous repérer, une fois en route, il nous sera utile de disposer d’une boussole et de cartes.
Ce genre de cartographie n’existant pas à notre connaissance - du moins, nous n’en avons pas trouvé, il nous faut la dessiner nous-mêmes, en suivant une démarche rationnelle.
Nous allons donc nous attacher à développer une vision globale de chaque domaine, que nous chercherons, par la suite, à représenter graphiquement, à l’instar d’une carte.
 
Nous commençons par nous intéresser à la l’étymologie et la définition de chaque terme, du nom du domaine aux thèmes qui s’y rattachent – une méthode de raisonnement apprise en cours de philosophie. Dictionnaires et encyclopédies généralistes, dictionnaires, médias, sites et associations spécialisés sont les outils dont nous nous servons à cette étape. De ces définitions émergent des idées-forces, que nous traduisons en axes majeurs selon lesquels positionner les courants d’une discipline. Ces repères seront notre boussole.
 
Ainsi, si l’on revient à l’exemple concret de la psychologie : étymologiquement, elle est la science des faits psychiques, la science de l’esprit. Or tout fait ou chose est étudié par l’observation de sa nature ou de sa manifestation. La nature de l’esprit se matérialise par un organe, le cerveau, et se concrétise sous la forme des pensées et de la conscience, de la vie intérieure. Sa manifestation s’observe à travers le comportement, essentiellement dans le cadre des relations humaines, des relations interpersonnelles aux phénomènes de groupe.
La psychologie étudiera donc, logiquement, l'esprit selon ces trois axes : l’homme comme disposant d’un appareil neurologique et intellectuel, l’homme comme ayant une histoire personnelle et une vie intérieure, l’homme comme acteur social.
 
Nous pouvons alors commencer à placer empiriquement les différents courants et thématiques d’un domaine savoir en fonction de leur proximité avec un ou deux de ces axes, en commençant par ceux que nous maîtrisons le mieux. Nous faisons le point sur nos propres connaissances, ce que nous avons retenu de notre parcours scolaire, ce que nous avons découvert sous l'impulsion de notre propre curiosité, ce que nous avons expérimenté au cours de notre vie. Nous en extrayons des blocs de connaissance disparates, certains liés par des relations logiques : proximité, différence, opposition, appartenance, …etc.
 
Voici quelques exemples de pistes suivies pour déterminer l’assortiment en  psychologie :
  • Nous traversons, comme chacun, les épreuves universelles de la vie, les émotions qu’elles provoquent, les réflexions et interrogations qu’elles suscitent et l’envie de mieux se connaître et se comprendre afin de progresser.
  • Au cours de notre parcours scolaire, nous avons découvert des éléments de connaissance théoriques (principaux courants et concepts) et pratiques (analyse transactionnelle, programmation neurolinguistique, management interculturel)
  • Nous avons, au fil du temps, élargi cette connaissance de base en creusant les voies qui nous intéressaient, par le biais de nos lectures, nos recherches sur internet, nos discussions
  • Un ami m’a parlé, un jour, des « Contes à guérir, contes à grandir » de Jacques Salomé, qui l’avaient effectivement aidé à guérir, et donc à grandir.
  • Les médias mettent en lumière Marcel Rufo, pédopsychiatre en activité, animateur sur Europe1 jusqu’en juin 2008 et auteur prolifique en matière d’ouvrages de vulgarisation, une vingtaine de titres.
  • Etc…
 
Se dessine alors une carte du territoire couvert par le domaine, carte partielle mais permettant de visualiser les zones d’ombre qui doivent être éclairées et détaillées par l’exploration directe.
Ces cartes ne sont pas censées véhiculer une vérité absolue mais faciliter le repérage et permettre de visualiser un domaine de savoir dans son ensemble avant d’en découvrir le détail. Ainsi, elles peuvent prendre différentes formes : approche graphique à plusieurs axes, frise historique, carte géographique…
Nous adoptons cette approche de type heuristique* plutôt qu’une démarche systématique car elle nous semble plus rapide et plus efficace pour comprendre, synthétiser et mémoriser des quantités importantes de savoir.
 
 
5.    Le voyage : panorama des références
Nous avons des cartes, notre bagage est prêt, nous avons une idée des moyens de transport que nous allons utiliser : nous pouvons partir ! Voici maintenant comment nous allons à la découverte de l’offre existante parmi laquelle nous allons choisir les références que nous proposerons au public.
 
Notre voyage comporte plusieurs objectifs : déterminer quels courants et thématiques développer en matière d’assortiment, établir un panorama des ouvrages couvrant les domaines de savoir examinés, identifier les auteurs et ouvrages de références, les chercheurs et auteurs contemporains actifs, puis sélectionner les références les plus pertinentes.
 
Pour évaluer l’intérêt relatif de chaque thématique, notre principal indicateur est notre capacité à traduire l’air du temps et à analyser l’écho des médias généralistes et spécialisés. Objectif : débusquer les questions au cœur des préoccupations de notre public, celles qui agitent l’actualité, celles qui sont universelles et intemporelles, celles qui font l’objet d’une recherche scientifique active…
 
Cette approche nous ouvre des pistes - courants, auteurs, ouvrages - que nous explorons en naviguant à travers les bibliographies des auteurs déjà identifiés, en nous appuyant sur les offres de nos collègues libraires, en nous intéressant aux auteurs exposés dans les médias. Nous obtenons ainsi de nouvelles informations qui vont guider de nouvelles recherches qui nous amèneront de nouveau noms… etc.
 
Notre recherche ressemblera en fait à une expédition d’exploration pour laquelle notre mission consistera à visiter chacune de ces destinations et d’en ramener une description la plus complète : géographie, climat, faune, flore, population, mœurs, culture…
Au fur et à mesure que notre voyage progresse, nous complétons notre carte et précisons les coordonnées de chaque contrée traversée. Au terme de nos pérégrinations, nous revenons avec une cartographie relativement complète permettant, tant au libraire qu’au public, de se repérer dans un domaine de savoirs vaste.
Les utilisateurs de la librairie auront accès aux « cartes du savoir » sous une forme générale dans la librairie par voie d’affichage et sur le portail à l’air libre, sous une forme plus détaillée et interactive.
 
 

6.    Faire le tri dans les photos de voyage : référencement et fiches d’évaluation

Comment opérons-nous l’évaluation critique et le choix des titres ?
Pour que notre assortiment réponde le mieux possible aux attentes du plus grand nombre, nous cherchons à obtenir un équilibre dans notre référencement entre :
  • Des ouvrages théoriques et des ouvrages à vocation « pratique » - afin que notre assortiment donne des clefs et des outils
  • Des ouvrages de vulgarisation et des essais - afin qu’il aide à comprendre et amène à réfléchir et à débattre
  • Des titres de référence et des essais en prise avec l’actualité - afin qu’il soit universel et contemporain
  • Des niveaux de connaissance ou de complexité - afin qu’il accompagner et guide
  • Des courants et points de vue contraires (ex. : capitalisme vs anti-capitalisme) - afin qu’il soit ouvert et objectif
 
Contrairement à la littérature de fiction, où la subjectivité joue un rôle primordial, les domaines sur lesquels nous nous situons se caractérisent par une nécessaire recherche de rationalité. Il est, par exemple, plus sensé d’établir des critères d’évaluation objectifs sur un ouvrage de sciences humaines que sur le dernier prix Goncourt.
Les critères auxquels nous faisons appel dans notre évaluation d’un support s’inscrivent dans la même démarche rationnelle. Nous en voulons pour preuve qu’ils ne font que reprendre l’ensemble des paramètres que notre cerveau manipule, plus ou moins consciemment, lorsque nous sommes en face de quelqu’un.
 
En voici quelques exemples :
Sur l’autorité de compétence de l’auteur
  • Sa formation, qu’elle soit académique ou autobiographique
  • Son activité dans le domaine couvert par l’ouvrage
  • Sa biographie
  • Etc…
Sur l’intérêt et la qualité de l’ouvrage
  • La « valeur ajoutée » : pensée novatrice, synthèse éclairante, vulgarisation efficace, exhaustivité…
  • La clarté et la pertinence de la structure générale
  • La continuité et la rationalité de l’analyse
  • La qualité des références bibliographiques
  • Etc…
 
Si l’application de ces critères sera faite,  dans un premier temps, de manière empirique en raison du nombre de références qu’il nous faut sélectionner, nous les synthétiserons par la suite sous la forme de fiches d’identité pour les auteurs et de fiches d’évaluation pour les ouvrages. Ces fiches nous aideront, d’une part, à structurer l’offre et trouver l’équilibre évoqué ci-dessus et d’autre part, à faciliter la recherche des utilisateurs, soit par la fiche elle-même, soit en utilisant les données des fiches comme champs informatique dans la base de données de l’assortiment.
A terme, l’objectif est, par exemple, qu’un utilisateur du portail, sur place ou en ligne, puisse accéder rapidement à une information documentée sur le support qui correspond le mieux à ses attentes.
En tant que gérant (si je suis élu !), je m’efforcerai d’être le plus souvent possible disponible pour le conseil, tout en ménageant les plages de temps nécessaires à une bonne gestion. Mais si trois personnes peuvent trouver ce qu’ils cherchent pendant que j’en conseille une quatrième…
 
 
7.    (…et 8, 9, 10) Faire vivre ses carnets de voyage : évolution de l’assortiment
 Au terme de ce voyage, nous aurons donc constitué la première génération de notre assortiment.
Celui-ci doit être vivant afin de s’améliorer et d’évoluer en fonction des attentes du public et des développements de l’actualité. Pour ce faire, nous resterons en contact permanent avec  chaque domaine grâce à un dispositif de veille évolutif.
 
Nous serons en prise directe et constante avec toutes les sources d’information évoquées plus haut, les médias généralistes et spécialisés entre autres.
Nous exploiterons les outils d’information automatiques (7) qu’offrent l’informatique et internet : newsletters, courriels d’information, flux RSS, méta-moteurs de recherche...
Nous bénéficierons de l’information descendante en provenance des éditeurs et aurons recours aux bases de données bibliographiques professionnelles, proposant chacune des catalogues de plus de 900 000 références et des mises à jour sur les parutions quotidiennes.
Le système de gestion de la librairie (8) nous communiquera l’ensemble des informations liées à la performance commerciale et économique de l’activité : ventes et rentabilité globale, par domaine, thématique, format, collection…
 
Nous serons, bien évidemment, ouverts aux suggestions sur la librairie, aux propositions et commentaires de lecture des utilisateurs (9). Les fiches d’évaluation seront d’ailleurs disponibles pour qui souhaite s’en servir. Mais, bien plus, nous mettrons en scène et animerons la vie relationnelle qui peut naître grâce à et autour du support en offrant la possibilité aux gens de s’exprimer, d’échanger, d’interagir grâce aux outils de communication que nous déploierons, débats, forums, systèmes d’échange libre de livres ou de connaissances. Cette dynamique est primordiale pour le projet : le savoir n’est véritablement utile à la civilisation que lorsqu’il est libre de voyager. Tous ces terrains de communication sont autant de postes d’observation, d’un côté, des attentes du public, de l’autre de l’offre.
 
Plus généralement, nous pensons que cet aspect communautaire du projet, cette façon dont nous orchestrons l’échange autour de la connaissance, favorisera l’émergence d’un profil particulier d’utilisateurs. A l’origine simples usagers de la librairie ou du portail, ils se distingueront par un goût particulier pour un ou plusieurs domaines du savoir, la plupart du temps accompagné par une bonne connaissance de ces domaines, par une présence importante dans les forums ou les débats correspondants. Ils seront parfois membres d’associations relatives au sujet.
Si ces utilisateurs se font jour comme nous l’escomptons, nous leur proposerons de jouer le rôle de « promeneurs à l’air libre » (10). Ce rôle, sans contrainte imposée, consistera à tirer partie de leur intérêt et leur maîtrise d’un objet de savoir pour prendre part au dispositif de veille de la librairie. Si nous n’imposons aucune règle quant à l’exercice de la fonction, nous suggèrerons néanmoins un mode de collaboration et une liste des activités potentielles que nous aurons envisagées. Parmi celles-ci, principalement : creuser les sujets sur lesquels se portent leur curiosité, suivre l’actualité correspondante et, en fonction de leurs découvertes, alimenter le portail en informations et l’assortiment en références, animer la section du forum concernée et participer aux débats…
 
Ici se laisse entrevoir l’évolutivité du réseau d’information à l’air libre : il se développe en fonction de notre expérience et croît par l’implication active de ses utilisateurs, quelle qu’en soit la forme et l’intensité. Dans le même registre d’idée, nous schématiserons avec précision le réseau d’information que nous aurons construit et le rendrons accessible de tous afin que chacun puisse s’y repérer et y avoir recours.
 
Voilà, dans les grandes lignes, comment nous comptons créer et animer l’assortiment de la librairie. Nous sommes, en fait, des explorateurs géographes dont la mission est de baliser le terrain afin de raccourcir la distance qui sépare votre curiosité de ce qui l’anime. Et à l’air libre est l’agence de tourisme, en charge de trouver le voyage qui vous correspondra le mieux, le Syndicat d’Initiatives à même de vous orienter sur place…
 
En espérant que vous ferez un bon voyage à l’air libre…
 
François

Ouah....

J'ai tout lu... si si...

Donc je complète:

(*) Euristique (ou Heuristique): L'art d'inventer, de deviner.

"Une heuristique, ou méthode approximative, est donc le contraire d'un algorithme exact qui trouve une solution optimale pour un problème donné. Les algorithmes de résolution exacts étant de complexité exponentielle, il est généralement plus judicieux de faire appel à des méthodes heuristiques pour des problèmes difficiles." (Wikipédia)

J'aime beaucoup cette approche... C'est ce que je retiens (à titre personnel) de ce long et complexe article ! :)
Un sens une démarche très intellectuelle et conceptualisée.

Les moteurs Heuristiques sont également utilisés par les bons antivirus pour deviner si un bout de programme est potentiellement nocif pour le système. Donc je place dans ce mot et cette approche beaucoup d'espoir quand à la qualité et l'utilité de votre sélection et de vos propositions !

Répondre à ma question (un peu provoc j'avoue) par un article aussi fouillé et contenant le mot clé "Heuristique", c'est très puissant ! Chapeau ! C'est la clé pour résoudre une équation qui peut paraître de prime abord impossible (volume des infos, difficulté à les trier, impossibilité d'être un spécialiste dans toutes les matières etc...)

Tu m'en vois heur...eux !

De même, "[...] la plupart des programmes d'intelligence artificielle sont construits sur un mode heuristique. Ainsi, un programme de jeu d'échecs ne repose pas sur un inventaire systématique de tous les coups jouables, mais analyse la valeur et les possibilités de réussite d'un nombre limité de coups, exactement comme le fait le joueur humain, dont la machine ne fait que copier le mode de raisonnement."
(Dictionnaire des Sciences Humaines, Ed. Sciences Humaines)

Plus prosaïquement, nous adoptons également une démarche heuristique lorsque nous cherchons nos clés d'abord dans les endroits probables, puis plausibles où elles peuvent se trouver, avant de reconstituer les faits en partant du dernier endroit où elles se trouvaient.

En d'autres termes, l'heuristique est une démarche à mi-chemin entre le bon sens et la Raison !