A l'Air Libre et les réseaux (1/3)
Je souhaitais prendre le temps de revenir sur la notion de réseau car elle est à la base de l’entreprise que nous souhaitons créer.
Chaque niveau de la matière peut être vu comme un réseau plus ou moins
complexe de molécules, d'atomes, de particules élémentaires reliées par des interactions électriques et nucléaires.
« Les neurones sont les cellules qui peuplent notre cerveau. Nous en avons entre 60 et 100 milliards. Chaque neurone se prolonge par des ramifications, les dendrites et l'axone,
qui leur permettent de communiquer avec des milliers d'autres neurones en même temps. Les liaisons entre cellules se font sans contact, dans un espace spécifique appelé synapse.
Les connexions par synapses ne sont pas fixes, elles se font et se défont sans arrêt. On estime à 10 puissance 14 (10 suivi de 14 zéro) le niveau moyen de liaisons synaptiques chez un adulte. Aucun modèle mathématique ne permet aujourd'hui de rendre compte d'une telle complexité. On parle de champs de probabilité quantique. La communication entre neurones se fait par voie électrique et chimique. Une cellule envoie un influx électrique d'ions positifs ou négatifs dans son axone. Au niveau de la synapse cette impulsion va déclencher la sécrétion d'un neurotransmetteur chimique. Une dendrite de la cellule réceptrice va le recevoir et le transformer en courant d'ions jusqu'à la dendrite de la cellule suivante. Il y a des centaines de neuro-transmetteurs et chacun est diffusé en plus ou moins grande quantité. D'où un nombre de combinaisons possibles faramineux. Nous sommes très loin du schéma binaire de l'informatique, 0 ou 1. Le cerveau humain est ce qu'il y a de plus complexe dans l'univers tel que nous le percevons. Toutefois il existe un niveau encore supérieur de complexité : c'est une société de cerveaux. »
Extrait de 100 milliards de neurones, http://cerveaudroit.ouvaton.org
« Outre les neurones, le système nerveux contient des cellules moins connues : les cellules gliales (glie, d'origine grecques, signifie « colle »). Elles constituent le type cellulaire le plus abondant du cerveau : elles sont 10 fois plus nombreuses que les neurones. Longtemps considérées comme de simples « cellules de soutien », un support sur lequel évoluent les neurones, elles exercent un rôle beaucoup plus étendu. […] et occupent une position privilégiée à la synapse. […] La fente synaptique se révèle obturée par un type cellulaire : les astrocytes, une famille de cellules gliales qu'on reconnaît à leur forme étoilée aux multiples prolongements. Grâce à ces derniers, les astrocytes entourent complètement les neurones et leurs extrémités. Ils créent ainsi un microenvironnement autour des synapses et isolent les fentes synaptiques, ce qui empêche la diffusion vers l'extérieur de la synapse des différents éléments chimiques.
Les cellules gliales sont donc en mesure, par leur intime proximité des neurones, d'assurer le bon fonctionnement de la communication neuronale en maintenant un certain contrôle sur l'environnement ionique et chimique des synapses. Mais plus encore, on est en mesure de dire qu'elles prennent une part active à la communication neuronale. Ainsi, des travaux ont montré que […] les cellules gliales produisent de nombreux récepteurs qui peuvent reconnaître les neurotransmetteurs. Elles produisent également des neurotransmetteurs qui activent en retour des récepteurs situés sur les neurones et modifient leurs propriétés. Les cellules gliales peuvent donc moduler l'efficacité des synapses et de la transmission synaptique. »
« Les chercheurs estiment que les cellules gliales participent activement aux processus de "mémoire synaptique" à la base de l'apprentissage et de la mémorisation dans le cerveau des mammifères. […]A l'avenir, l'équipe […] tentera de démontrer que ce processus s'applique à toutes les régions du cerveau comme les centres classiques de la mémoire : l'hippocampe, le cervelet ou le cortex cérébral. Si tel est le cas, notre vision actuelle de la communication cérébrale et de la mémoire serait complètement modifiée. Si la régulation par les cellules gliales est démontrée à plus grande échelle, de nouvelles perspectives sont envisageables. On sait en effet que le dysfonctionnement des récepteurs NMDA est impliqué dans de nombreuses maladies neuronales, comme la schizophrénie ou la maladie d'Alzheimer. »
« La notion de « réseau sémantique » décrit un modèle de l’organisation de l’information dans la mémoire humaine. Grâce à ces réseaux, les représentations mentales sont vues comme des structures de symboles liés les uns aux autres par des relations de diverses natures (comme la relation « est une sorte de »). Les traitements cognitifs sont décrits par des règles d’inférence qui permettent de naviguer dans ces réseaux. »
« Lorsque les sciences cognitives se constituent dans les années 1950-1960, deux principales conceptions de la pensée humaine émergent parallèlement : le cognitivisme et le connexionnisme. Le premier voit la pensée comme une manipulation de symboles, combinés par des règles abstraites d’inférence. Selon le second, la pensée émerge de l’activité de plusieurs processeurs élémentaires, conçus généralement sur le modèle des neurones du cerveau humain. Massivement connectés les uns aux autres, leur fonctionnement en parallèle permet de coder et de reconnaître des « formes ». Celles-ci peuvent être des objets particuliers ou des catégories d’objets (des visages, des lettres…), mais aussi des transformations types (la conjugaison de verbes, le raisonnement…). Fait remarquable, les mêmes modèles permettent de concevoir également des interactions sociales, par exemple des processus d’influence : les cellules élémentaires représentent cette fois des individus plutôt que des neurones. »
Extrait de l’article « Le connexionnisme. Les assemblées de neurones », Rui Da Silva Neves, scienceshumaines.com
La meilleure image concrète de la façon dont fonctionne le cerveau humain est sans doute, aujourd'hui, le réseau Internet. Des centaines de millions d'ordinateurs à travers le monde se connectent et se déconnectent en permanence. La réunion simultanée de plusieurs internautes sur un site peut générer un dialogue entre eux qui peut être assimilé à l'émergence d'un concept. Il n'y a pas de centre général Internet, tout comme il ne semble pas y avoir dans le cerveau de centre général de la pensée, il n'y a que des sites disponibles à tout instant mais pas nécessairement visités. Internet ressemble un peu à un cerveau planétaire. Il lui manque pour ressembler au cerveau humain
l'apparition d'aires pré-frontales, à moins qu'elles n'existent déjà mais que nous l'ignorions… »
Extrait de 100 milliards de neurones, http://cerveaudroit.ouvaton.org
- un réseau d’atomes
- supportant un ensemble de réseaux organiques,
- et notamment un réseau de neurones,
- qui lui-même supporte les réseaux immatériels de l’intelligence et de la conscience,
- qui, réunis, ont permis à l’Homme de créer des réseaux de communication mondiaux,
- dont internet et le web,
- dans lequel existe un nœud, ce blog,
- grâce auxquels nos réseaux respectifs entrent en contact.
Nous venons de l'illustrer, la Nature raffole des réseaux. N'est-ce pas, finalement, une caractéristique ontologique de la Nature que de créer des réseaux ? Chaque chose existante, de la poussière à l'être humain, interagit nécessairement avec son environnement et, plus particulièrement, avec les choses qui lui sont semblables. Nous avons là de quoi expliquer la forme du réseau, qui est de relier ensembles des "nœuds" actifs. Mais comment expliquer l'évolution qui conduit, d'un réseau d'atomes, à l'Homme, à la conscience, à A l'air libre ?
C'est l'objet du prochain article, où nous verrons, notamment, en quoi le monde est moins grand grâce à Bud Spencer.
F.L.
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Bus Spencer
Pour un premier commentaire, je vais être très constructif !
J'émets une hypothèse quand au contenu du prochain article:
Bud Spencer nageait très vite, il a rendu la longueur d'un bassin olympique plus petite en terme de temps, et par là même participé au raccourcissement des distances largement entamé par la télé, les avions, internet etc...
Idem pour la durée moyenne d'un film au cinéma, qui parait bien courte dès que Terence Hill pointe le bout de son nez.
Comment ça c'est pas crédible ? ;)
Sinon, bien que très érudit dans son style et assez touffu dans sa forme, ton article est intéressant François ! J'avoue ne pas avoir tout lu encore (les citations) mais je m'accroche...
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"Ce qui ne te tue pas te renforce... mais bon, ça peut faire mal quand même !"
Spencer Traçait...?
Hypothèse intéressante !
... qui m'a permis de découvrir le palmarès sportif de Bud Spencer en natation !
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Bud_Spencer)
Mais c'est une autre de ses caractéristiques qui fait que le monde est moins grand grâce à Bud Spencer.
Cela a, bien sûr, à voir avec les réseaux...